Objectifs « zéro émission nette » ; cibles d’émissions ; réduction de l’empreinte carbone : ces mots à la mode font partie intégrante du discours de la société moderne. Tout le monde parle de « zéro émission nette », mais que fait-on concrètement aujourd’hui pour atteindre cet objectif d’ici 2050 ? Amy Cole-King, membre du groupe dédié au secteur de l’énergie chez Barker Brettell, s’est intéressée à la région des Midlands, en Angleterre – où Barker Brettell a son siège social à Birmingham – afin de découvrir comment l’innovation verte transforme notre façon de vivre et de travailler.
Face aux défis posés par la pandémie de COVID-19 et la crise énergétique, la région des Midlands reste fidèle à son engagement en faveur de l'innovation et du développement durable dans le secteur de l'énergie. Même si certains revers ont pu ralentir les progrès, les instituts de recherche et les entreprises de la région s'adaptent au contexte actuel et poursuivent leurs initiatives visant à atteindre l'objectif britannique de zéro émission nette.
Malgré l'énorme défi que représente l'atteinte de la neutralité carbone d'ici 2050, grâce à la collaboration entre les entreprises et les instituts de recherche, comme celles mises en avant lors du Midland’s Energy Summit 2023, les efforts déployés semblent donner lieu à un peu plus d'espoir. Voici quelques-uns des thèmes abordés lors de ce récent sommet :
Réduction des émissions
L'université de Nottingham a élaboré une stratégie globale visant à faire face à la hausse des coûts énergétiques et à lutter contre le changement climatique. Avec des dépenses énergétiques s'élevant à 30 millions de livres sterling par an, l'établissement a vu ses coûts énergétiques doubler au cours de la dernière décennie. Cependant, plutôt que de se résigner à cette tendance, l'université de Nottingham s'attaque de manière proactive à ce problème, en se fixant pour objectif une réduction de 63 % de ses émissions d'ici 2030 et la neutralité carbone d'ici 2050.
Au cœur de la stratégie de l’université se trouve un effort concerté visant à réduire au minimum la consommation d’énergie sur l’ensemble de ses campus. L’un des aspects clés de cette stratégie consiste à réaménager le parc immobilier en vue d’un mode de travail post-pandémique et à optimiser l’utilisation de l’espace afin de minimiser la consommation d’énergie. Des audits énergétiques sont menés afin d’identifier des interventions rentables, tandis que l’installation de panneaux solaires photovoltaïques, de chaudières à biomasse et de pompes à chaleur contribue davantage à l’efficacité énergétique sur le campus. Les investissements dans les infrastructures dédiées aux véhicules électriques (VE) et le remplacement des cuisines de restauration fonctionnant au gaz par des équipements électriques témoignent également de l’engagement de l’université de Nottingham en faveur de pratiques plus durables.
Initiatives en matière de développement durable
La mise en place d'un fonds de dotation de 70 millions de livres sterling, qui permet à l'université de Nottingham de financer ses initiatives en matière de développement durable, est essentielle à la réussite de cette stratégie. Les premiers investissements ont déjà donné des résultats prometteurs, avec notamment une réduction de 10 000 tonnes des émissions de carbone obtenue grâce à des interventions ciblées.
Pour renforcer encore ses efforts, l’université a créé l’Institut de recherche sur l’énergie grâce à un investissement de 100 millions de livres sterling. Cet institut sert de pôle de recherche de pointe visant à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire les émissions de carbone. Parmi les projets notables, on peut citer des collaborations visant à réduire l’empreinte carbone de l’aéroport des East Midlands, comme le programme MariNH3 axé sur le développement de carburants aériens durables. Par ailleurs, l’université de Nottingham mène des initiatives de recherche telles que Titanz, qui explore des solutions énergétiques innovantes grâce à un investissement de 3,5 millions de livres sterling, le projet LiSTAR, axé sur la technologie des batteries, et une étude de 4,5 millions de livres sterling sur les technologies durables de captage du CO₂. L’université contribue également activement au développement des énergies renouvelables, notamment via le projet Ocean REFuel, doté de 6,5 millions de livres sterling, qui se concentre sur la production d’énergie éolienne en mer.
D'autres universités des Midlands réalisent également des progrès significatifs en matière de décarbonisation et de développement durable. L'université de Birmingham, par exemple, a défini une stratégie de décarbonisation dans le cadre de son engagement à lutter contre le changement climatique. Celle-ci prévoit notamment un investissement de 50 millions de livres sterling dans le Birmingham Energy Institute, dans le but d'atteindre la neutralité carbone dans tous les secteurs d'ici 2045.
Fabrication neutre en carbone
Mais les établissements universitaires ne sont pas les seuls à faire avancer les choses dans les Midlands. Des géants industriels comme Toyota prennent des engagements importants en faveur de la neutralité carbone. Avec un site de production dans le Derbyshire, Toyota vise la neutralité carbone d’ici 2030 et zéro émission de carbone d’ici 2040. Un aspect clé de sa stratégie repose sur des solutions innovantes telles que des cabines de peinture compactes entièrement automatisées, qui réduisent considérablement les émissions de CO₂ liées au processus de peinture des véhicules.
Plusieurs organisations jouent également un rôle essentiel pour faire le lien entre la recherche et l'industrie.
S'étendant sur trois comtés des East Midlands, le seul « Freeport » intérieur du Royaume-Uni est une zone économique libre où certaines industries implantées dans les Midlands peuvent bénéficier d'avantages fiscaux et douaniers. Le Freeport des East Midlands (EMF) fait office de pôle d'activité économique et d'innovation. Ayant pour mission d'attirer les investissements dans la région et de stimuler l'innovation, l'EMF a annoncé qu'il allait investir plus de 5 millions de livres sterling dans un centre d'innovation zéro carbone. En partenariat avec l’université de Nottingham et l’université de Loughborough, ce centre d’innovation zéro carbone mettra à disposition les technologies et les laboratoires nécessaires pour faire progresser la recherche dans les domaines de l’électrification, des systèmes de propulsion à l’hydrogène et de la fabrication de pointe, en particulier à des fins industrielles.
Technologies liées aux énergies propres
L’Energy Research Accelerator (ERA) est un autre acteur clé. L’ERA est le plus grand réseau de recherche du Royaume-Uni. Fruit d’un partenariat entre huit universités à forte intensité de recherche et plus de 1 000 entreprises des Midlands, l’ERA a déjà généré 110 millions de livres sterling d’investissements dans les technologies d’énergie propre et a permis de mobiliser 250 millions de livres sterling de financements complémentaires. Parmi les programmes menés par l’ERA figurent notamment le programme Hydrex de l’université de Birmingham, qui se concentre sur la conversion des eaux usées en diesel et en hydrogène, ainsi que l’initiative HyPER de l’université de Cranfield, dédiée à l’exploration des systèmes de propulsion à l’hydrogène. L’ERA a également mené des études visant à évaluer la faisabilité de trains fonctionnant à l’hydrogène dans la région des Midlands. L’étude a identifié quatre itinéraires potentiels qui pourraient rendre le transport ferroviaire à l’hydrogène viable sur le plan économique et commercial ; le rapport complet sera publié prochainement.
L'ERA ne se contente pas de soutenir l'innovation dans le secteur de l'énergie, mais s'efforce également d'influencer l'élaboration des politiques et joue un rôle actif dans la promotion de politiques plus favorables aux énergies propres. Les programmes de sensibilisation de l'ERA, tels que l'initiative H2GP, jouent également un rôle crucial dans la sensibilisation du public. À travers des ateliers, des séminaires et des événements collaboratifs, H2GP vise à impliquer les parties prenantes, à favoriser la collaboration et à stimuler l'innovation dans le secteur de l'énergie.
Grâce à des investissements stratégiques, à une recherche innovante et à des partenariats collaboratifs, les instituts de recherche et les entreprises des Midlands ouvrent la voie vers un avenir plus vert et plus durable. Animées par une volonté commune de relever les défis environnementaux urgents et d'atténuer le changement climatique, ces organisations sont à l'avant-garde du changement et de la transition vers une économie à faible émission de carbone, servant ainsi de référence pour les organisations au Royaume-Uni et au-delà.
Barker Brettell dispose d'une équipe dédiée de conseils en brevets et en marques, spécialisés dans le secteur de l'énergie. Si vous souhaitez discuter des différentes options pour protéger votre invention, veuillez contacter l'auteur ou votre conseiller habituel chez Barker Brettell.
« Les instituts de recherche et les entreprises des Midlands s'adaptent au contexte actuel et vont de l'avant avec des initiatives visant à atteindre l'objectif de zéro émission nette du Royaume-Uni. »