L'aquaculture pour notre monde en mutation

Le changement climatique a déjà un impact observable sur la sécurité alimentaire, qui se traduit par une hausse des températures, une modification des régimes pluviométriques et une fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Combinés à une population en constante augmentation, ces facteurs font peser un fardeau de plus en plus lourd sur la production alimentaire. Des innovations radicales seront nécessaires dans les années à venir pour garantir la sécurité alimentaire à long terme, et l'aquaculture jouera sans aucun doute un rôle clé dans la subsistance de la population.

L'aquaculture désigne le processus d'élevage d'espèces aquatiques en eau douce ou en eau de mer. Au cours de la dernière décennie, le terme « aquaculture » a évolué : autrefois réservé à l'élevage traditionnel de poissons et de fruits de mer, il englobe désormais un grand nombre de technologies différentes.

Nouvelles idées

L'innovation dans ce domaine est sans limite : elle va du développement de formulations d'aliments aquacoles plus durables et de la gestion de l'alimentation aux systèmes de surveillance basés sur l'intelligence artificielle, en passant par de nouveaux dispositifs d'élevage et les technologies moléculaires.

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Les enceintes submergées de type sphère géodésique (illustrées à gauche), telles que l’Aquapod™ d’Ocean Farm Technologies, constituent un exemple d’innovation remarquable ouvrant la voie à la croissance future du secteur. Ces modules font office de système d’élevage amarré pour diverses espèces aquatiques. Leurs panneaux triangulaires sont fabriqués en fibre de verre et en plastique renforcé, et sont recouverts d’un filet en fil d’acier galvanisé tendu sur chaque panneau afin de protéger les animaux contre les prédateurs. Les modules sont conçus pour être remontés ou descendus afin de maintenir des conditions aquatiques spécifiques, telles qu’une température constante. Cette approche sur mesure de l’élevage ancré vise à améliorer le bien-être des animaux aquatiques, en les protégeant des variations des conditions marines et des grands prédateurs.

Cermaq, un géant de l’aquaculture basé en Norvège, a également fait parler de lui dans ce domaine technologique grâce à son projet novateur iFarm®. L’objectif de ce projet est d’utiliser l’intelligence artificielle pour surveiller non seulement l’ensemble des enclos de saumons, mais aussi chaque poisson individuellement. Cermaq indique que les capteurs iFarm reconnaissent chaque saumon grâce à son motif de taches unique, ce qui permet de suivre le nombre de poissons, leur taille et d’éventuels signes de maladie. Un site marin entier situé à Vesterålen, en Norvège, est désormais équipé d’un dispositif iFarm complet afin de tester à grande échelle le concept et la technologie.

Perspectives d'avenir

Comptant peu d'acteurs majeurs, le secteur de l'aquaculture reste relativement jeune : ce sont les PME qui sont à l'origine de la majeure partie de l'innovation, tandis que les instituts de recherche, tels que les universités, soutiennent le développement technologique. Malgré son jeune âge, ce secteur connaît une croissance rapide : selon une publication de 2022 de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production aquacole mondiale a augmenté de 550 % entre 1990 et 2020.

Pour bon nombre de ces entreprises, l’avantage concurrentiel repose sur la propriété intellectuelle. Dans ce secteur émergent, les brevets sont indispensables pour consolider la propriété intellectuelle en tant qu’actif permettant d’accroître la valeur d’une entreprise et d’attirer les investissements. Par exemple, la start-up chilienne Ocean Arks Tech (OATECH) a obtenu un brevet (n° 201601709) pour une ferme piscicole autopropulsée conçue pour rechercher les conditions aquatiques optimales pour la production piscicole. Ce navire de 170 mètres, baptisé Ocean Ark, est conçu pour éviter les proliférations d’algues ainsi que les zones présentant un faible taux d’oxygène ou un pH bas. OATECH s’est depuis adjoint les services d’un allié stratégique basé au Royaume-Uni, Ocean Sovereign, et a récemment obtenu l’agrément de la société de classification maritime RINA pour son invention.

À mesure que l'innovation progresse dans ce secteur, les entreprises s'efforcent de protéger leurs inventions en se dotant d'un portefeuille de brevets solide. Les brevets et autres droits enregistrés peuvent également créer de nouvelles opportunités pour les entreprises, notamment en leur garantissant des revenus stables grâce à l'octroi de licences et en leur permettant d'acquérir un avantage concurrentiel en limitant la liberté d'exploitation de leurs concurrents.

Récemment, le géant de l’alimentation animale BioMar® a été condamné à verser 3,12 millions de livres sterling à la société norvégienne STIM, spécialisée dans la santé et la recherche halieutiques, pour violation de son brevet portant sur le « SuperSmolt® FeedOnly », une technologie qui améliore la régularité du processus de smoltification du saumon sous un éclairage constant. Cette décision souligne l’importance d’étudier dès le début le paysage des brevets afin de garantir un parcours sans encombre vers la production. L’analyse du paysage des brevets peut également permettre d’identifier des partenaires de collaboration potentiels et de réduire les délais de mise sur le marché, grâce à l’utilisation de technologies sous licence.

La production annuelle d'animaux aquatiques issus de l'aquaculture devant atteindre 100 millions de tonnes en 2027, la croissance dans ce domaine semble appelée à se poursuivre et l'on peut s'attendre à ce que la tendance à l'augmentation du nombre de brevets dans ce secteur s'accélère.

Si vous souhaitez discuter des avantages que la propriété intellectuelle pourrait apporter à votre entreprise ou si vous pensez avoir une idée susceptible d'être brevetable, veuillez contacter les auteures – Ana Vesperinas et Amy Kelly – ou votre avocat habituel chez Barker Brettell.

 

« Ce secteur connaît une croissance rapide : la production aquacole mondiale a augmenté de 550 % entre 1990 et 2020. »

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