Rapport 2023 sur le paysage des brevets : vaccins et traitements liés à la COVID-19

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, des efforts remarquables ont été déployés en matière de recherche et d'innovation pour lutter contre le virus SARS-CoV-2.

Selon le dernier rapportde l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) sur le paysage des brevetsliés à la COVID-19, des milliers de demandes de brevetont été déposées par des innovateurs du monde entier pour des technologies novatrices destinées à lutter contre la pandémie.

Une recherche de brevets menée par l’OMPI a révélé que 5 293 demandes de brevet portant sur diverses technologies liées à la COVID-19 avaient été déposées entre janvier 2020 et septembre 2022. Parmi ces demandes, 1 465 portaient spécifiquement sur des traitements, tandis que 417 concernaient le développement de vaccins. Compte tenu du délai moyen de 18 mois entre le dépôt et la publication d’une demande de brevet, ces chiffres ne constituent qu’un instantané de l’activité de dépôt.

À titre de comparaison, entre 1941 et 2011, un peu plus de 500 demandes de brevet ont été déposées concernant des principes actifs destinés aux vaccins contre la grippe. Au début des années 2000, lors de l'épidémie de SRAS, moins de 1 000 brevets portant sur les vaccins contre la grippe ont été publiés, et aucun candidat-vaccin n'est issu de ces dépôts.

Les principales sources des demandes de brevet liées à la COVID-19 déposées étaient la Chine, les États-Unis d'Amérique, la République de Corée, l'Allemagne et le Royaume-Uni, les milieux d'affaires et de la recherche ayant tous deux contribué de manière significative au paysage des brevets.

La Chine est actuellement le premier pays en termes de dépôts de brevets, tant pour les vaccins que pour les traitements.

Diverses plateformes vaccinales ont été étudiées en vue du développement de vaccins contre la COVID-19. Ces plateformes couvrent un large éventail, allant des méthodes traditionnelles telles que les vaccins à virus entier vivant atténué et inactivé, les vaccins à sous-unités protéiques et les particules pseudo-virales (VLP), jusqu’à des approches plus innovantes telles que les vaccins à vecteur adénoviral, à ADN et à ARNm.

Bien que le nombre de dépôts de brevets portant sur des plateformes vaccinales classiques soit supérieur à celui concernant les nouvelles technologies vaccinales, les vaccins à ARN représentent près du double dans les essais cliniques (20 %) par rapport à leur part dans l'ensemble des données sur les brevets (12 %). Cela semble indiquer que les nouvelles plateformes pourraient gagner du terrain, en particulier dans le cadre des études cliniques.

De manière générale, les produits thérapeutiques peuvent être classés en deux catégories : les petites molécules, qui regroupent à la fois les composés synthétiques et les produits naturels issus de plantes, extraits et purifiés ; et les médicaments biologiques, qui comprennent les anticorps, les peptides et protéines non anticorps, les thérapies cellulaires et les thérapies à base d'acides nucléiques.

L'analyse des données issues des essais cliniques a révélé une répartition relativement équilibrée des candidats-médicaments entre les petites molécules et les produits biologiques. On observe toutefois une proportion nettement plus élevée de médicaments nouvellement synthétisés dans la catégorie des produits biologiques par rapport à celle des petites molécules.

Le rapport a révélé que les anticorps constituaient le type de produits thérapeutiques biologiques connaissant la croissance la plus rapide, représentant environ un tiers des brevets déposés dans cette catégorie.

Les données issues des brevets et des essais cliniques révèlent que les anticorps neutralisant le virus sont capables de se lier à différentes régions d'un segment essentiel de la protéine S du SARS-CoV-2. Cette liaison bloque efficacement l'interaction entre la protéine S virale et son récepteur sur les cellules humaines, ce qui fait des anticorps neutralisant le virus une nouvelle catégorie prometteuse d'antiviraux.

Par ailleurs, il existe d’autres anticorps qui ciblent spécifiquement des facteurs de l’hôte humain. Ces anticorps peuvent être utilisés pour atténuer l’inflammation et soulager les effets indésirables des tempêtes de cytokines observées dans les cas graves de COVID-19.

Selon le directeur général de l’OMPI, Daren Tang : « Le rythme de l’innovation dans ce domaine repose sur des décennies de recherche scientifique et d’investissements en R&D, qui ont eux-mêmes été soutenus par les mesures d’incitation mises en place par l’écosystème mondial de la propriété intellectuelle ».

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« Le rapport a révélé que les anticorps constituaient le type de produits thérapeutiques biologiques connaissant la croissance la plus rapide, représentant environ un tiers des brevets déposés dans cette catégorie. »

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